Comment les jeunes femmes parlent de sexe et de désir

Minute Papillon!

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Comment les jeunes femmes parlent de sexe et de désir

Minute Papillon!

Dans notre podcast « Minute Papillon ! », notre rendez-vous du vendredi « Tout Sexplique » évoque la difficulté de parler sexualité, quand on est adolescente, jeune femme, sans être étiquetée cochonne ou frigide.

Si la sexualité féminine n’est plus un tabou, pourquoi les mots sont trop souvent perçus, chez elles, comme trop vulgaires, médicaux ou enfantins ? En se gardant de généraliser, pourquoi les femmes ont tant de mal à exprimer ce qui les fait jouir ?

Nommer pour faire exister

Cette parole est pourtant essentielle pour nommer des nouveaux concepts, orientations, débats, sortir des injonctions, par exemple sur les poils, la forme des vulves ou des tétons.

Dans cet épisode, on parle de cette parole sur la sexualité au féminin avec Daphné Leblond, réalisatrice, avec Lisa Billuart-Monet, de « Mon nom est clitoris » (Iota Production), prix du meilleur documentaire aux Magritte du Cinéma 2020. Une douzaine d’adolescentes et jeunes femmes racontent, face caméra, chez elles, leur sexualité, leur corps, leurs désirs, leurs questions et incertitudes. A Paris, à Bruxelles et en Bretagne, ces jeunes femmes revendiquent le droit des femmes à une éducation sexuelle informée, délivrée des contraintes et du jugement.

Sortir des injonctions

Interrogée sur la difficulté, pour nombre de filles et de femmes, d’évoquer et d’interroger la sexualité sans être jugées, la réalisatrice souligne l’importance de savoir nommer les choses : « Nommer, c’est le faire exister (…) dans l’esprit comme dans le corps, dans la pensée comme dans la sensation. A l’inverse, beaucoup de personnes n’ont pas ces mots de plaisir de désir, d’envie, de certaines sensations (…) et donc ne les sentent pas, ne savent pas ce que c’est ».

Pourquoi ces manques quand on parle de sexualité ? Daphné Leblond répond : « Ces mots n’existent pas ou peu dans la transmission des parents aux enfants. Ils ont l’air un peu interdits, honteux, sales. Ces mots n’existent que très peu à l’école. (…) Quand on n’a pas de mots, on se réfère à quelque chose qu’on appelle très faussement l’instinct. Mais l’instinct, c’est juste la norme à l’état pur. C’est-à-dire que si l’on ne peut pas discuter avec quelqu’un de ce que l’on va faire, on va simplement se laisser entraîner dans une reproduction d’habitudes, d’idées reçues qui ne sont que des reproductions de normes sociales. »

« Une vraie révolution »

A propos des normes, des injonctions sur le corps et la sexualité féminine, la jeune réalisatrice estime que « le fait de pouvoir mettre des mots personnels sur des choses permet d’exprimer sa différence de la norme ». Elle déplore enfin que, face à la libération de la parole sur le sexe, coexiste un retour d’injonctions.

Daphné Leblond espère qu’avec ce documentaire, « chaque femme s’empare individuellement du sujet, et voir ce qui est possible de faire à son échelle. (…) Ce que nous souhaitons, c’est une vraie révolution. » Une révolution sociale et politique par la parole.

Anne-Laetitia Béraud

Crédit son: Bisquit Soul de Nordgroove Fugue Icons8.com

Illustration: Canva / 20...

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Si la sexualité féminine n’est plus un tabou, pourquoi les mots sont trop souvent perçus, chez elles, comme trop vulgaires, médicaux ou enfantins ? En se gardant de généraliser, pourquoi les femmes ont tant de mal à exprimer ce qui les fait jouir ?

Nommer pour faire exister

Cette parole est pourtant essentielle pour nommer des nouveaux concepts, orientations, débats, sortir des injonctions, par exemple sur les poils, la forme des vulves ou des tétons.

Dans cet épisode, on parle de cette parole sur la sexualité au féminin avec Daphné Leblond, réalisatrice, avec Lisa Billuart-Monet, de « Mon nom est clitoris » (Iota Production), prix du meilleur documentaire aux Magritte du Cinéma 2020. Une douzaine d’adolescentes et jeunes femmes racontent, face caméra, chez elles, leur sexualité, leur corps, leurs désirs, leurs questions et incertitudes. A Paris, à Bruxelles et en Bretagne, ces jeunes femmes revendiquent le droit des femmes à une éducation sexuelle informée, délivrée des contraintes et du jugement.

Sortir des injonctions

Interrogée sur la difficulté, pour nombre de filles et de femmes, d’évoquer et d’interroger la sexualité sans être jugées, la réalisatrice souligne l’importance de savoir nommer les choses : « Nommer, c’est le faire exister (…) dans l’esprit comme dans le corps, dans la pensée comme dans la sensation. A l’inverse, beaucoup de personnes n’ont pas ces mots de plaisir de désir, d’envie, de certaines sensations (…) et donc ne les sentent pas, ne savent pas ce que c’est ».

Pourquoi ces manques quand on parle de sexualité ? Daphné Leblond répond : « Ces mots n’existent pas ou peu dans la transmission des parents aux enfants. Ils ont l’air un peu interdits, honteux, sales. Ces mots n’existent que très peu à l’école. (…) Quand on n’a pas de mots, on se réfère à quelque chose qu’on appelle très faussement l’instinct. Mais l’instinct, c’est juste la norme à l’état pur. C’est-à-dire que si l’on ne peut pas discuter avec quelqu’un de ce que l’on va faire, on va simplement se laisser entraîner dans une reproduction d’habitudes, d’idées reçues qui ne sont que des reproductions de normes sociales. »

« Une vraie révolution »

A propos des normes, des injonctions sur le corps et la sexualité féminine, la jeune réalisatrice estime que « le fait de pouvoir mettre des mots personnels sur des choses permet d’exprimer sa différence de la norme ». Elle déplore enfin que, face à la libération de la parole sur le sexe, coexiste un retour d’injonctions.

Daphné Leblond espère qu’avec ce documentaire, « chaque femme s’empare individuellement du sujet, et voir ce qui est possible de faire à son échelle. (…) Ce que nous souhaitons, c’est une vraie révolution. » Une révolution sociale et politique par la parole.

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