Sexe, «grand tabou» des cancers féminins

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Sexe, «grand tabou» des cancers féminins

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Pour notre rendez-vous Tout Sexplique, qui parle d’intimité et de sexualité, on s’entretient avec Isabelle Guyomarch, fondatrice et présidente du laboratoire Ozalys. Cette survivante d’un cancer du sein agressif est l’auteure de Combattante (Cherche-Midi, 17 euros). Un témoignage dans lequel elle raconte la maladie, et notamment « l’un des grands tabous du cancer gynécologique, l’intimité de la femme ».

Dans cet entretien audio, Isabelle Guyomarch rappelle tout d’abord « 80 % des cancers du sein sont hormono-dépendants et la prévention de la récidive du cancer passe par la prescription d’un traitement d’hormonothérapie », c’est-à-dire un traitement, le plus souvent médicamenteux, qui consiste à empêcher l’action stimulante des hormones féminines sur les cellules cancéreuses.

Traitements et ménopause brutale

Or, ces traitements agissent sur la sphère urogénitale, et notamment les muqueuses vulvo-vaginales, qui s’affinent et s’assèchent car elles ne reçoivent plus d’œstrogènes et de progestérone.

Traitements et ménopause brutale

La conséquence : sans hormones, survient une ménopause brutale, avec des « conséquences parfois lourdes, de l’incontinence urinaire et aux problèmes de sexualité », souligne-t-elle dans cet ouvrage. Ces femmes peuvent connaître des douleurs à la pénétration, quand elles gardent une vie sexuelle.

Pour les femmes ménopausées, il existe des traitements hormonaux de substitution, mais ils sont décriés par des spécialistes. La conséquence : « La femme qui souhaite conserver son plaisir le fait avec peur et culpabilité », dénonce-t-elle. « Après avoir lutté pour survivre et parfois perdu une part de notre féminité, nous sommes donc condamnées à l’absence de sexualité épanouie », ajoute Isabelle Guyomarch.

Une « condamnation à l’absence de sexualité épanouie »

Isabelle Guyomarch milite pour une technique de laser permettant une restauration de la muqueuse vaginale, « une opération qui a sauvé [sa] féminité », affirme-t-elle dans son ouvrage. Dans cet épisode, elle appelle à un remboursement de ce traitement aujourd’hui très coûteux. Car, selon Isabelle Guyomarch, outre le confort sexuel, cette technique de laser vaginal réduit d’éventuelles infections à répétition, l’arrêt des traitements, voire la dépression.

A propos de l'hormonothérapie, qui peut être mal supportée, elle affirme que « souvent, la cause de l’arrêt des traitements d’hormonothérapie, c’est une cause gynécologique ». « Je qualifie cela d’enjeu de santé publique [qui va au-delà de la sexualité]. Aider les femmes à supporter [les traitements] et à être observantes, c’est un enjeu de santé publique, et il y a des moyens, alors qu’il n’y avait rien il y a quelques années. »

Sexualité, santé publique

Alors que les hommes ayant souffert d’un cancer de la prostate se voient prescrire et rembourser du Viagra, Isabelle Guyomarch estime que « pour les femmes… Rien. Il s’agit pour moi d’une injustice fondamentale. Notre sexualité ne se voit pas et notre plaisir est encore tabou ». Dans cette interview, elle déplore :« la recherche sur le plaisir féminin et la sexualité féminine [pour les survivantes de cancer] est réduite à néant ».

Elle suppose à propos de cette absence de recherche sur le plaisir féminin. « Il y a un tabou. La sexualité féminine se borne, dans l’esprit général, à une pénétration. Et que si on facilite la pénétration avec un lubrifiant, tout va très bien. Mais cela ne suffit pas. Il faut des traitements bien plus aboutis que de simples lubrifiants, surtout dans ces situations de ménopause intense [engendrée par les traitements contre le...  

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Pour notre rendez-vous Tout Sexplique, qui parle d’intimité et de sexualité, on s’entretient avec Isabelle Guyomarch, fondatrice et présidente du laboratoire Ozalys. Cette survivante d’un cancer du sein agressif est l’auteure de Combattante (Cherche-Midi, 17 euros). Un témoignage dans lequel elle raconte la maladie, et notamment « l’un des grands tabous du cancer gynécologique, l’intimité de la femme ».

Dans cet entretien audio, Isabelle Guyomarch rappelle tout d’abord « 80 % des cancers du sein sont hormono-dépendants et la prévention de la récidive du cancer passe par la prescription d’un traitement d’hormonothérapie », c’est-à-dire un traitement, le plus souvent médicamenteux, qui consiste à empêcher l’action stimulante des hormones féminines sur les cellules cancéreuses.

Traitements et ménopause brutale

Or, ces traitements agissent sur la sphère urogénitale, et notamment les muqueuses vulvo-vaginales, qui s’affinent et s’assèchent car elles ne reçoivent plus d’œstrogènes et de progestérone.

Traitements et ménopause brutale

La conséquence : sans hormones, survient une ménopause brutale, avec des « conséquences parfois lourdes, de l’incontinence urinaire et aux problèmes de sexualité », souligne-t-elle dans cet ouvrage. Ces femmes peuvent connaître des douleurs à la pénétration, quand elles gardent une vie sexuelle.

Pour les femmes ménopausées, il existe des traitements hormonaux de substitution, mais ils sont décriés par des spécialistes. La conséquence : « La femme qui souhaite conserver son plaisir le fait avec peur et culpabilité », dénonce-t-elle. « Après avoir lutté pour survivre et parfois perdu une part de notre féminité, nous sommes donc condamnées à l’absence de sexualité épanouie », ajoute Isabelle Guyomarch.

Une « condamnation à l’absence de sexualité épanouie »

Isabelle Guyomarch milite pour une technique de laser permettant une restauration de la muqueuse vaginale, « une opération qui a sauvé [sa] féminité », affirme-t-elle dans son ouvrage. Dans cet épisode, elle appelle à un remboursement de ce traitement aujourd’hui très coûteux. Car, selon Isabelle Guyomarch, outre le confort sexuel, cette technique de laser vaginal réduit d’éventuelles infections à répétition, l’arrêt des traitements, voire la dépression.

A propos de l'hormonothérapie, qui peut être mal supportée, elle affirme que « souvent, la cause de l’arrêt des traitements d’hormonothérapie, c’est une cause gynécologique ». « Je qualifie cela d’enjeu de santé publique [qui va au-delà de la sexualité]. Aider les femmes à supporter [les traitements] et à être observantes, c’est un enjeu de santé publique, et il y a des moyens, alors qu’il n’y avait rien il y a quelques années. »

Sexualité, santé publique

Alors que les hommes ayant souffert d’un cancer de la prostate se voient prescrire et rembourser du Viagra, Isabelle Guyomarch estime que « pour les femmes… Rien. Il s’agit pour moi d’une injustice fondamentale. Notre sexualité ne se voit pas et notre plaisir est encore tabou ». Dans cette interview, elle déplore :« la recherche sur le plaisir féminin et la sexualité féminine [pour les survivantes de cancer] est réduite à néant ».

Elle suppose à propos de cette absence de recherche sur le plaisir féminin. « Il y a un tabou. La sexualité féminine se borne, dans l’esprit général, à une pénétration. Et que si on facilite la pénétration avec un lubrifiant, tout va très bien. Mais cela ne suffit pas. Il faut des traitements bien plus aboutis que de simples lubrifiants, surtout dans ces situations de ménopause intense [engendrée par les traitements contre le...  

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