Corps tatoué, corps de désir, avec David Le Breton, sociologue et anthropologue

Tout Sexplique

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Corps tatoué, corps de désir, avec David Le Breton, sociologue et anthropologue

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Bienvenue dans notre podcast «  Minute Papillon ! » et notre rendez-vous du vendredi «  Tout Sexplique ». Dans cet épisode, on évoque les corps tatoués, corps de désirs.

Pratique ancestrale dans les sociétés dites traditionnelles, en Orient, en Afrique et en Océanie, le tatouage a, en Occident, longtemps été la marque des marges avant de devenir un ornement corporel partagé. En affichant des signes d’identité sur son corps, on renforce le sentiment de soi et l’on renforce le regard des autres sur soi.

Comment ce corps tatoué, lieu d’affirmation de soi, est un corps érotisé ? Quel regard porté sur ces traces indélébiles, cachées ou dévoilées ? Quel désir sur ce corps tatoué masculin ou féminin ? Pourquoi porter un dessin érotique, voire pornographique dans sa chair ?

Virilisation des corps

Pour répondre dans cet épisode, David Le Breton*, sociologue et anthropologue, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg, auteur de plusieurs ouvrages sur le tatouage, dont Signes d’identité. Tatouages, piercings et autres marques corporelles (éditions Métailié, 2002).

David Le Breton revient sur les origines immémoriales du tatouage, aux multiples sens, avant d’évoquer le tatouage en Occident à la fin du XVIIIe puis au XIXe siècle. « D’emblée, il y a une érotisation des corps dans une dimension populaire, car ce sont les marins qui diffusent [le phénomène] dans les cabarets », « suivis par les populations marginales dans un premier temps », rappelle l’anthropologue. « Le tatouage va être très vite associé à une virilisation des corps car à l’époque, le tatouage fait très mal », ajoute-t-il.

Au XXe siècle, la popularisation de ces ornements corporels intervient dans les années 1970. « Le tatouage devient un phénomène culturel » d’abord aux Etats-Unis avant de gagner l’Europe, rappelle David Le Breton.

Zone érotisée du corps

A propos de ce corps rendu désirable par le motif, le sociologue souligne que « le corps tatoué cristallise une zone érotique dans le corps, un lieu où l’on aime être caressé, embrassé ». « Il y a une espèce de narcissisation de cette partie qui se détache de l’ensemble du corps et qui est éminemment érotisée, d’abord pour la personne elle-même, mais aussi pour les partenaires », ajoute-t-il. « Il y a un jeu du caché et du montré », une entrée en matière dans le jeu de la séduction, remarque le professeur.

Depuis quand l’érotisation des corps tatoués ? A quel moment, en Occident, le corps tatoué est devenu corps de désir ? Quel regard sur le corps tatoué masculin et féminin ? Quelles significations au tatouage érotique, ou pornographique ? Le regard sur le corps tatoué, objet de désir, peut-il évoluer dans les prochaines années et décennies ? Ce sont les questions de cet entretien. Bonnes écoutes!

* Auteur, aussi, de Le tatouage ou la signature de soi (Casimiro, 2014), et sur les scarifications : La peau et la trace. Sur les blessures de soi (éditions Métailié, 2003)

Anne-Laetitia Béraud

Crédit son: « The Vendetta » Stefan Kartenberg...  

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Pratique ancestrale dans les sociétés dites traditionnelles, en Orient, en Afrique et en Océanie, le tatouage a, en Occident, longtemps été la marque des marges avant de devenir un ornement corporel partagé. En affichant des signes d’identité sur son corps, on renforce le sentiment de soi et l’on renforce le regard des autres sur soi.

Comment ce corps tatoué, lieu d’affirmation de soi, est un corps érotisé ? Quel regard porté sur ces traces indélébiles, cachées ou dévoilées ? Quel désir sur ce corps tatoué masculin ou féminin ? Pourquoi porter un dessin érotique, voire pornographique dans sa chair ?

Virilisation des corps

Pour répondre dans cet épisode, David Le Breton*, sociologue et anthropologue, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg, auteur de plusieurs ouvrages sur le tatouage, dont Signes d’identité. Tatouages, piercings et autres marques corporelles (éditions Métailié, 2002).

David Le Breton revient sur les origines immémoriales du tatouage, aux multiples sens, avant d’évoquer le tatouage en Occident à la fin du XVIIIe puis au XIXe siècle. « D’emblée, il y a une érotisation des corps dans une dimension populaire, car ce sont les marins qui diffusent [le phénomène] dans les cabarets », « suivis par les populations marginales dans un premier temps », rappelle l’anthropologue. « Le tatouage va être très vite associé à une virilisation des corps car à l’époque, le tatouage fait très mal », ajoute-t-il.

Au XXe siècle, la popularisation de ces ornements corporels intervient dans les années 1970. « Le tatouage devient un phénomène culturel » d’abord aux Etats-Unis avant de gagner l’Europe, rappelle David Le Breton.

Zone érotisée du corps

A propos de ce corps rendu désirable par le motif, le sociologue souligne que « le corps tatoué cristallise une zone érotique dans le corps, un lieu où l’on aime être caressé, embrassé ». « Il y a une espèce de narcissisation de cette partie qui se détache de l’ensemble du corps et qui est éminemment érotisée, d’abord pour la personne elle-même, mais aussi pour les partenaires », ajoute-t-il. « Il y a un jeu du caché et du montré », une entrée en matière dans le jeu de la séduction, remarque le professeur.

Depuis quand l’érotisation des corps tatoués ? A quel moment, en Occident, le corps tatoué est devenu corps de désir ? Quel regard sur le corps tatoué masculin et féminin ? Quelles significations au tatouage érotique, ou pornographique ? Le regard sur le corps tatoué, objet de désir, peut-il évoluer dans les prochaines années et décennies ? Ce sont les questions de cet entretien. Bonnes écoutes!

* Auteur, aussi, de Le tatouage ou la signature de soi (Casimiro, 2014), et sur les scarifications : La peau et la trace. Sur les blessures de soi (éditions Métailié, 2003)

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